Selon une étude menée par l’Université de Stanford, le travail collaboratif augmenterait de 50% l’efficacité des employés dans l’accomplissement de leurs tâches, en plus de stimuler leur engagement et leur motivation. Quels sont les leviers à l’œuvre derrière cette corrélation positive entre collaboration, performance et engagement ?.
La collaboration, définition et bienfaits :
Selon Françoise Détienne, chercheuse au CNRS au sein du Laboratoire Traitement et Communication de l’Information, la collaboration « renvoie à l’acte de travailler ou de réfléchir ensemble pour atteindre un objectif ou pour élaborer une œuvre commune ». L’idée de collaboration ne véhicule donc pas seulement l’idée de travailler ensemble, elle inscrit ce travail d’équipe dans un but, une vision commune.
Répondre à des besoins spécifiques pour une meilleure performance :
Une culture organisationnelle qui valorise des dynamiques collaboratives et met l’accent sur l’intelligence collective plutôt que sur la réussite individuelle, permet de répondre à des besoins cruciaux des salariés concernant le travail, tels que le besoin d’appartenance à une communauté et le besoin d’autonomie, classés comme prioritaires selon les répondants de l’étude Work Perceptions de 2018. L’accomplissement de ces besoins permet notamment une meilleure absorption dans les tâches, ce qui améliore la qualité du travail produit. Ainsi, la collaboration engendre un engagement cognitif plus profond et donc, une performance plus élevée de l’entreprise.
La collaboration – terreau fertile de l’innovation :
Une étude menée par Steelcase montre également que 90% des salariés et 93% des dirigeants interrogés jugent la collaboration essentielle pour générer de nouvelles et meilleures idées. En effet, la collaboration semble être un levier fondamental de l’innovation puisqu’elle favorise le travail ensemble pour résoudre des problèmes complexes, générant ainsi des idées créatives. Une culture collaborative crée des espaces dans lesquels les salariés peuvent exprimer et confronter des perspectives variées, stimulant ainsi la création de solutions plus efficaces et innovantes.
Des salariés plus heureux
Enfin, selon l’étude Work Perceptions de 2018, la collaboration rendrait les salariés plus heureux. Ce qu’il faut entendre par là c’est que, ces derniers, lorsqu’ils participent à des dynamiques collaboratives tendent à améliorer leurs capacités à s’exprimer et à augmenter leur confiance personnelle, renforçant in fine, un sentiment d’accomplissement personnel au travail. L’étude de la Stanford University a également montré que la collaboration réduit l’épuisement mental. En effet, un environnement qui valorise cette dernière semble réduire le coût psychologique à l’effort. La collaboration constitue donc également un levier important pour permettre à l’employeur de garantir la santé physique, psychique et mentale de ces employés.
Le besoin d’un chef d’orchestre
La collaboration, a beau avoir de nombreux bienfaits, ce n’est pas une tendance naturelle pour autant . Si nous sommes des êtres profondément sociaux, nous avons grandi dans des sociétés qui nous mettent sans cesse en compétition, ce qui en fait notre rapport au travail par défaut. Ainsi, la création d’automatismes de coopération entre les employés intentionnelle et répétitive, a besoin d’être instiguée et entretenu par un tiers : le manager. Et pour se faire, le rôle de chef d'orchestre managérial s'articule autour de trois leviers indispensables.
La clé d’une bonne collaboration : la communication
Dans tous les pays et secteurs d’activités, les salariés interrogés dans le cadre de Work Perceptions disent qu’une communication efficace favorise la coopération. Cela implique : des demandes claires et précises de la part du management ; des espaces de dialogue ouverts où les salariés peuvent exprimer leurs questionnements, leurs désaccords mais aussi leur créativité ; l’établissement de différents canaux de communications ; enfin, l’alignement sur une vision commune et partagée.
L’autonomie et la collaboration – un cercle vertueux
Comme nous l’avons mentionné précédemment, le besoin d’autonomie est l’un des besoins prioritaires des salariés aujourd’hui. Remplir ce besoin passe par une transmission d’informations claire et efficace, des objectifs bien définis et une organisation de la progression individuelle et collective. Lorsque celui-ci est rempli, on observe une « relation circulaire » autre autonomie et collaboration. Plus de coopération signifie que le travail est davantage effectué en autonomie et plus d’initiatives autonomes résultent souvent en un travail plus pertinent entre collègues. Ainsi, veiller à l’autonomisation des salariés à mesure de leur montée en compétence est crucial pour favoriser une culture collaborative.
Créer une culture collaborative par l’exemplarité
Instiguer les dynamiques de coopération, c’est aussi les incarner, montrer la voie à suivre. Par exemple, les managers peuvent déléguer certaines responsabilités ou tâches à des membres de leur équipe. Cela a pour effet de renforcer la confiance entre collègues en alimentant leur sentiment de reconnaissance et de confiance en leurs capacités. De plus, en expliquant à quelqu’un pourquoi une tâche lui revient, on l’invite à partager son point de vue et ainsi améliorer la réflexion initiale.
Créer de bons signaux, pas seulement de bonnes structures
A l’heure où cohabitent deux tendances opposées dans le monde du travail – la floraison des open-spaces, la multiplication des canaux de communication censés rapprocher les individus, et l’augmentation du télétravail qui entraînent la désertion des espaces de travail et qui véhicule son lot de malentendus communicationnels, il est important de rappeler que la collaboration ne s’incarne pas uniquement de manière matérielle. L’étude de la Stanford University montre que l’activation des bienfaits de la collaboration ne requiert pas toujours une co-présence physique. Autrement dit, le but n’est pas d’être tous réunis dans la même salle tout le temps. Ce qui compte réellement, c’est la manière dont le travail est présenté, organisé... Et incarné.
Ainsi, la collaboration permet d’augmenter le bien-être individuel des salariés et contribue à un engagement cognitif et personnel plus important, ce qui résulte en une plus grande performance de l’entreprise... À condition d’être bien accompagnée !