70 % de la population mondiale en souffrirait au moins une fois dans sa vie. Ce chiffre, révélé par le Journal of Behavioral Science, pointe une ombre qui nous suit partout : le syndrome de l’imposteur. Ce complexe persistant qui remet en question votre légitimité au moment de prendre la parole, d'exercer votre autorité ou de relever un nouveau défi. Et si, pour 2026, vous décidiez de faire taire cette voix intérieure ? Voici quelques clés pour enfin reprendre les commandes.
Tips pour combattre le syndrome de l’imposteur
Ah ! Le syndrome de l’imposteur, ce fâcheux complexe que l’on se traîne en fond de tableau et qui resurgit chaque fois que l’on doit faire valoir sa légitimité, exercer son autorité, oser se lancer dans un nouveau projet et relever des défis.
Nous sommes infiniment nombreux à ressentir ce complexe d’imposture qui parfois nous bloque carrément, nous fait rater des opportunités ou nous met dans un inconfort tel que même si l’on fait bien notre boulot, c’est avec la boule au ventre, dans l’angoisse d’être « démasqué·e », disqualifié·e voire rejeté·e si l’on devait commettre la moindre erreur.
Allez, on arrête un instant de se faire des nœuds au cerveau et on adopte quelques petits tuyaux pour chasser l’idée qu’on n’est pas à la hauteur et pour repousser la peur que notre monde s’écroule s’il apparaissait effectivement que l’on n’atteint pas toujours la perfection.
Et si pour commencer, on en parlait ?
Saviez-vous que selon le Journal of Behavioral Science, 70% des personnes de la population mondiale auraient éprouvé au moins une fois un sentiment d’imposture, quel que soit son genre ou sa catégorie socio-professionnelle ? Ça en fait du monde autour de vous qui doute de ses compétences à s’en rendre malade et serait prêt à se raconter n’importe quelle histoire pour attribuer ses succès à la chance, voire au fait de s’être approprié le travail des autres !
Faites l’expérience de confesser à quelques proches que vous ressentez le complexe d’imposture : il y a 7 chances sur 10 pour que l’on vous réponde « Oh ! Toi aussi ?!! ». Ça fait déjà du bien, n’est-ce pas, de se sentir moins seul·e ?
Avez-vous déjà fréquenté des imposteurs, des vrais ?
Vous ne vous sentez pas légitime et ça vous angoisse ? Ce n’est pas une pas si mauvaise nouvelle car cela indique que vous n’êtes ni escroc ni psychopathe. Car ces personnalités-là sont précisément sans vergogne : eelles se font passer pour des peintres de génie cotant des œuvres hors de prix alors qu’elles ne sont que faussaires ; elles s’incrustent chez les people en se présentant comme des investisseurs hors pairs pour mieux vider leurs comptes ; et elles se présentent comme des médecins réputés sans avoir jamais obtenu le moindre diplôme ni jamais travaillé…
Vous vous reconnaissez dans l’un de ces profils ? Les faits divers qui narrent le parcours de ces imposteurs nous fascinent précisément car ils font résonner la crainte qui siège en chacun·e de nous de perdre un jour les pédales. Sauf qu’il y a quand même des curseurs : recycler une partie du boulot de quelqu’un·e d’autre un jour où l’on n’avait pas de jus de cerveau personnel à presser, ce n’est pas se prendre pour celui ou celle dont on s’inspire.
Attention, « valoriser » sonCV en gonflant le périmètre de ses responsabilités dans une expérience passée, ce n’est pas s’inventer toute une vie professionnelle dont on n’a aucune des compétences et expériences. [Utilisate2] [Elise Ass3]
Tou·te·s autant que nous sommes, il nous arrive de négocier entre la fin et les moyens, de jouer de petites transgressions ou d’arranger la réalité pour préserver nos egos. C’est humain et ça ne fait certainement pas un profil d’imposteur !
Se libérer du complexe de Möbius
En clair, nous mettons beaucoup de morale dans l’affaire des compétences, des statuts, des responsabilités. Cela ne remonterait pas un peu au complexe de Möbius (également appelé complexe de la bonne/du bon élève), cette histoire ?
Rappelons ce dont ce complexe procède : la confusion entre bien travailler et être une bonne personne. Quand on s’est tenu·e bien sage en classe, on a intégré l’idée que donner satisfaction, c’est ne pas perturber le professeur et quand les parents nous ont félicité·e·s pour nos bonnes notes, on a eu le sentiment de mieux mériter leur amour.
Et cela nous poursuit longtemps, longtemps… Ce qui fait que lorsque, dans le monde du travail, empreint d’injonctions paradoxales, d’ambiguïtés sur les attendus, de hiatus entre la demande formelle et la raison informelle, il n’est pas rare que l’on se heurte au dilemme décisionnel, voire carrément au conflit de loyauté. On m’incite à avoir de l’ambition ; on me dit que ce qui compte, c’est davantage le potentiel que les acquis ; on valorise mon esprit d’initiative et ma capacité à me challenger…
Je suis donc docile (dans l’indocilité) et je candidate pour un poste pour lequel je n’ai pas (encore) toutes les compétences, je prends la parole sur un sujet sur lequel je ne suis pas complètement certain·e de mon expertise ; j’ose des choses nouvelles puisque c’est bien pour secouer le cocotier que l’on m’a missionné·e. Sauf que le soir venu, devant mon miroir puis dans mon petit lit, j’ai le vertige : jusqu’où vais-je trop loin ?
Positionner le curseur du « jusqu’où aller trop loin »
Tel qu’il est construit (au moins dans nos sociétés), le parcours professionnel appelle une certaine prise de risque : il faut oser prendre son élan, bondir sur le tremplin et faire confiance en son agilité en même temps qu’en sa volonté pour passer d’une étape à l’autre. L’expérience est stimulante.
Mais elle inspire également une légitime peur de se vautrer. Une peur de s’insinuer à chaque moment clé : refus de prendre le départ (« de toute façon, je n’y arriverai jamais, autant déclarer forfait »), perte de vitesse dans la course d’élan (« dans quoi je me lance… Il faut que je ralentisse la cadence »), méprise du tremplin (« hop, je fais un petit bond de rien du tout, histoire de dire que j’y suis allé·e et ensuite, retour à ma zone de confort ») et atterrissage incertain (« waouh, je l’ai fait ? Non, ce n’était pas vraiment moi, je n’en étais pas capable seul, j’ai été aidé.e... »)
La clé : négocier les conditions de l’audace
On nous demande de nous dépasser ? Ok ! Mais pas sans garanties. Primo, on fait le point avec lucidité sur ce que l’on a de compétences acquises, de potentiel à développer et de failles à combler.
Que celles et ceux qui nous encouragent à aller de l’avant soient au courant de qui l’on est vraiment va nous aider à faire valoir nos expertises sans nous sentir attendu·e·s au tournant de nos faiblesses. Bref, on partage la responsabilité du risque, sinon d’échec, en tout cas de controverses. Ça rassure.
Ensuite, on s’entraîne. Idéalement accompagné·e d’un·e coach bienveillant·e et challengeant·e qui nous permet de définir le plus précisément possible ce dont on se sent capable hors de sa zone de confort, et dans quel timing.
Puis, on va chercher des sponsors : pas question de se faire valoir sans bénéficier de soutiens qui croient en votre valeur… Et qui seront prêts à la promouvoir mieux que vous si d’aventure le doute devait vous assaillir. Identifiez autour de vous les indéfectibles : celles et ceux qui savent que vous n’êtes certainement pas l’incompétent.e que parfois vous pensez être, qui savent aussi calmer vos ardeurs quand le sentiment de toute-puissance vous guette, qui vous gardent dans la course quand vous flanchez, qui remettent les pendules à l’heure quand votre confiance en soi est entamée.